Avec l’afflux de nouvelles séries apparaissant sur nos écrans et en DVD, cela devient de plus en plus dur de suivre de nouvelles séries, et encore plus dur d’en visionner des anciennes. TV Club 10 établit un top des 10 épisodes qui représentent le mieux la série Angel. Ce ne sont peux-être pas les 10 meilleurs, mais les 10 épisodes essentiels à la compréhension de la série (sans avoir à tout regarder).

Buffy contre les Vampires sera toujours la création fétiche de Joss Whedon, et pour de bonnes raisons. Au cours des sept saisons (plus particulièrement entre la saison 2 et 5), Whedon a inspiré une équipe de jeunes scénaristes et d’encore plus jeunes acteurs à transformer ce qui aurait du être une séries d’horreur-comédie pour ado frivoles en une série les plus ambitieuse de notre époque. Très vite, Buffy a développé sa propre mythologie et la mêlé à des idées progressives sur le rôle des sexes (féminisme) et le passage adolescence-adulte.

A contrario, Angel, le spin-off de Buffy, n’est jamais devenu aussi culturellement intéressant ni populaire que sa sœur. Et pourtant, l’équipe de Joss Whedon a fournit un effort plus grand et plus travaillé (beaucoup de ceux qui ont commencé sur Buffy, sont venu apporter ce qu’ils ont appris). Les scénaristes d’Angel font parti de la crème de la crème de la télévision, dont Tim Minear (American Horror Story), David Fury (Lost, Fringe, Hannibal), Steven S. De Knight (Spartacus, Dardevil), Shawn Ryan (The Shield, Terriers), Marti Noxon (Mad Men, UnREAL), Ben Edlund (Supernatural) et Jane Espenson (Battlestar Galactica, Once Upon a Time). Ensemble, ils sont parti d’un concept de base – suivant un vampire qui chasse les démons et travaille en tant que détective privé à Los Angeles – et ont créé quelque chose de plus riche et profond que Joss Whedon l’aurait pensé. A l’instar de Buffy, Angel rassemble un florilège de personnages haut en couleur à qui il arrive de terribles choses, les poussant parfois les uns contre les autres.

Dans Angel, David Boreanaz reprend le personnage qu’il avait joué dans Buffy pendant trois saisons : un vampire à la réputation d’un tueur sanguinaire au fil des siècles qui, suite à une malédiction, retrouve son âme. Peu après son arrivée à Los Angeles, Angel retrouve une vieille connaissance en la personne de Cordelia Chase (Charisma Carpenter), qui souhaite devenir actrice tout en travaillant pour « Angel Investigations », et qui finit par développer le pouvoir de vision grâce aux Puissances Supérieures. La première saison d’Angel est globalement une suite d’enquêtes surnaturelles. Ce n’est qu’en avançant que l’univers de la série prend de l’ampleur, tout d’abord en introduisant une puissant ennemi : Wolfram & hart, une puissante firme d’avocats pour démons. Puis en ajoutant des alliés à Angel dont Charles Gunn (J. August Richards), Wesley Wyndham-Pryce (Alexis Denisof) importé de la série série Buffy, la petite scientifique Winifred « Fred » Burkle (Amy Acker), et démon chanteur dans un Karaoké Lorne (Andy Hallett). Plus tard, Angel combattra aux côté de son fils Connor (Vincent Kartheiser) et son vieux rival dans Buffy, Spike (James Marsters).

Pour les fans dévoués de Buffy, Angel offre l’opportunité de passer encore un peu plus de temps dans l’univers du Buffyverse, qu’ils ont tant aimé à Sunnydale. Mais, alors que les problèmes dans la série Buffy tendent à être plus terre à terre, dans la série Angel, ils prennent une proportion presque épique, où chaque nouveau personnage ajoute son grain de seul où les conséquences vont se répercuter dans l’ultime rôle qu’Angel va jouer dans la fin du monde (qu’il soit le champion ou l’ennemi). La mission principale du héros est, ici, d’expier son passé en tant qu’Angelus afin d’atteindre sa rédemption.

Comme son prédécesseur, Angel joue avec les conventions de l’horreur-fantasie tout en ajoutant des touches de références pop-culture et des réparties bien placées. La série est à la fois sombre, hilarante et haletante à quelques moments, mais plus que tout, la série est très sensible à la signification d’être en vie et d’accomplir quelque chose. C’est une saga ambitieuse qui raconte la bataille du bien contre le mal; mais qui prend aussi en compte les petits problèmes de la vie.

Le Manuscrit (1.22)

Une des grande qualité de la saison 1 d’Angel est qu’elle évolue dans sa manière de présenter les épisodes. On passe ainsi de « l’affaire de la semaine » très procédurale avec son côté surnaturelle, à cette lutte incessante contre Wolfram & Hart. Plus tard dans la saison, après l’arrivée de Wesley (qui a perdu en timidité depuis Buffy), la série Angel trouve enfin sa voix en tant que saga héroïque pleine d’esprit. Le dernier épisode de la saison « Le Manuscrit » joue le rôle de deuxième épisode pilot, changeant l’esprit de la série de manière presque radicale, tout en gardant ce qui marchait. Pendant l’épisode, le scénariste David Greenwalt détruit la planque d’Angel et se débarrasse des Oracles qui étaient le lien entre Cordelia et les Puissances Supérieures. Il nous présente un nouveau personnage, Gunn, un chasseur de vampires vivant dans la rue, ainsi que la fameuse prophétie Shanshu. Cette dernière prédit qu’angle (ou quelqu’un comme lui, un champion), redeviendra humain après avoir accomplis de nombreuses bonnes actions. Grâce à ça, la série Angel devient ce mélange d’horreur, fantaisie et série noire avec un casting plus diversifié et un but bien grand que dans la série Buffy.

L’Hôtel du Mal (2.02)

Cet épisode montre à quel point Angel a abandonné sa suite de One-Shot à tel point qu’il est plus facile de parler en arc qu’en épisode. Grossièrement, les deux-tiers de la saison 2 montre Angel en train de repousser des amis tandis qu’il prend des mesures radicales concernant ses anciennes partenaires de crime Darla (Julie Benz) et Drusilla (Juliet Landau). Puis, la saison se termine avec une storyline un peu plus étrange où le groupe voyage dans la dimension du démon Lorne où ils font la connaissance de Fred. Il y a quelques storyline plutôt impressionnante pendant cette saison, et pourtant le ton est donné par un épisode Stand-Alone intitulé « L’Hôtel du Mal« , dans lequel Angel Investigations emménage dans un vieil hôtel Hollywoodien où Angel à vécu dans les années 1950 (aux côtés de communistes, prostituées, homosexuels, et autres « indésirables » de l’époque). Avec quelques clins d’oeil à des films comme Rebel Without a Cause, Psycho ou Imitation of Life, le réalisateur David Semel et le scénariste Tim Minear connectent à la fois l’environnement de la série Angel aux vieux films. Et plus important, le fait de montrer le lourd passé du héros et son besoin de rédemption établit les bases de cette deuxième saison et montre que les choses changent. L’épisode montre aussi que le passé hante souvent le présent.

Les Démons du Passé (3.05)

Comme pour Buffy, les fans d’Angel se disputent souvent concernant leur saison préférée. Est-ce que c’est la deuxième qui donne à la série un univers plus large ? La cinquième, qui termine parfaitement la série avec des lourdes (mais inspirantes) décisions ? Ou la troisième, qui… okay, il n’y a pas vraiment de sondage à faire. C’est la troisième, point final. La plupart des meilleurs scénaristes de Joss Whedon étaient sur la saison 3 (incluant Greenwalt, Minear, Noxon et Fury), travaillant sur un scénario encore plus complexe et intéressant, avec des personnages prenant des décisions cruelles qui ne fonctionnent pas toujours. Et plus important, la saison introduit le personnage de Fred, qui devient rapidement un des personnages préférés de la série. Elle prend de l’ampleur tout particulièrement dans l’épisode Les Démons du Passé, où elle est à deux doigts de quitter Los Angeles pour repartir avec ses parents avant de s’apercevoir qu’elle fait vraiment partie de l’équipe d’Angel. C’est dur de ne pas aimer quelqu’un qui décrit son état mental comme : “Oh, ah, fizzy. Kinda weird and … fizzy. But excited. And a little sad. Thankful. Sorta cautiously happy. Relieved and worried at the same time. Slightly nauseous while still bein’… hopeful?”

Anniversaire (3.11)

L’une des raisons pour laquelle la troisième saison d’Angel est l’une des favorites est, qu’en dépit des ses longs arcs narratifs, elle arrive parfois à nous surprendre avec des storyline plus courtes. Mere Smith, scénariste (trop peu connu) sur Angel mérite tout le crédit pour ce superbe épisode qu’est « Anniversaire« , dans lequel Cordelia a un aperçu de la vie qu’elle aurait pu avoir si elle n’avait pas rencontré Angel et qu’elle était devenu star de la télévision. En plus de l’hilarant générique de sa sitcom « Cordy! », l’épisode nous introduit le démon Skip, joué par David Desman. Ce qui se passe dans cet épisode aura des conséquences plus tard dans la série, mais pour le moment, l’épisode est inventif, divertissant, différent des autres, et également un indicateur qui montre que l’équipe créative de la série Angel connait très bien les personnages.

Les Coulisses de l’Eternité (3.13)

La présence de Joss dans la série Angel n’est pas aussi notifiable qu’elle l’a été dans Buffy. Mais il a parfois joué de sa position de réalisateur exécutif pour prendre les rennes. D’une certaine manière, l’épisode « Les Coulisses de l’Éternité » est la version Angel de « Que le Spectacle Commence« , sauf qu’à la place des chansons, il y a le ballet les coulisses mystiques. Lorsqu’Angel insiste auprès de ses amis pour l’accompagner à l’opéra voir une pièce qui l’a fait pleurer en 1890, il s’aperçoit que la captivante ballerine (jouée par Summer Glau) est la même qu’il y a 2 siècles. Angel veut alors libérer les danseurs de cette malédiction qui les obligent à répéter nuits après nuits la même performance depuis plus d’un siècle. Mais l’épisode se concentre en fait sur les personnage principaux essayant de gérer leur propres émotions personnelles, subissant eux même les maléfices des coulisses de l’opéra. Joss Whedon se sert alors de ce mécanisme pour expliquer la complexité du comportements et des relations humaines.

Impardonnable (3.17)

La plupart des épisodes de la saison 3 de cette liste peuvent se regarder sans savoir vraiment l’intrigue générale de la saison. Mais ce n’est pas le cas des autres épisodes de la saison 3 qui a été construite de manière à ce que la storyline soient présente dans tous les épisodes. L’épisode « Impardonnable » n’aurait que très peu de sens pour quelqu’un n’ayant pas vu les 16 épisodes l’ayant précédé, mais il est pourtant très important pour la narration de la saison 3 d’Angel. Ici, Wesley préfère croire une ancienne prophétie sur Angel plutôt que ses amis, l’amenant alors à les trahir et s’enfuir avec bébé Connor, le conduisant presque à sa mort. « Impardonnable » est à la fois intéressant et poignant. C’est le genre d’épisode qui laisse les fans avec un mal au cœur et une envie de savoir la suite.

Sans Âme (4.11)

La même année où Joss Whedon lança Firefly et termina Buffy, la série Angel en était à son époque la plus sombre, et la plus faible depuis la saison 1. (Ça n’aide surement pas la série qui concentre sa saison 4 sur Connor, qui est un des personnages les plus détesté.) Au mieux, la saison 4 d’Angel fonctionne comme une « étude » de l’obscurité/du mal, en prenant en compte ce que chaque personnage deviendrait si ils succombaient à leurs pires instincts. Et ce thème est au cœur de l’un des arc les plus forts de cette saison, lorsque le groupe enlève intentionnellement l’âme d’Angel pour qu’il devienne Angelus, afin d’avoir des informations pour stopper l’apocalypse. Le plan ne se déroule pas comme prévu; et l’épisode monte d’un cran dans l’excellence lorsque les héros réalisent un par un ce qu’ils ont fait alors qu’ils sont moqués par Angelus qui leur dit leur quatre vérités. Il dévoile des secrets, brise des relations, car Angelus ne s’embête pas avec les civilités.

Les Marionnettes Maléfiques (5.14)

L’un des aspects les plus remarquables de la série Angel est que les scénaristes étaient toujours à l’affut de nouvelles idées pour renouveler le concept de la série. La fin de la saison 4 a totalement changé la série, plaçant Angel en tête de Wolfram & Hart; la saison 5 suit la conséquence de ce choix (tout en apportant des personnages de Buffy; Spike et Harmony). La 5ème saison retourne au format typique « Un épisode, une affaire ». L’épisode « Les Marionnettes Maléfiques » est l’un des épisodes favoris des fans, principalement car il change Angel en une marionnette adorable à l’allure boudeuse. Mais « Les Marionnettes Maléfiques » parle aussi de Gunn et sa crise professionnelle (où il essaye de changer pour devenir plus que juste les muscles du groupe), ainsi qu’une nouvelle romance entre Angel et Nina. De manière générale, l’épisode est marrant et suggère que ces personnages pourrait trouver le moyen d’être heureux malgré qui ils sont et ce qu’ils font. Et pourtant, l’épisode Un Trou dans le Monde arrive…

Un Trou dans le Monde (5.15)

Entièrement réalisé et écrit par Joss Whedon (ce qui arrive rarement sur Angel), l’épisode est un pilier de la série et pratiquement une thèse sur la vie. Après que Wesley obtienne finalement ce qu’il voulait, sortir avec Fred, Whedon nous l’arrache à nouveau lorsque Fred devient infectée par par un ancien démon appelé Illyria. C’est un épisode bouleversant, et pourtant, Whedon rythme l’épisode comme une aventure à cœur battant où le groupe fait tout ce qu’il peut pour sauver leur amie sur le point de mourir. Whedon nous montre ainsi que même les meilleurs d’entre nous doivent prendre des responsabilité et ce, même si ça nous change pour toujours. Les personnage d’Angel se rendent compte qu’ils ne sont parfois pas de taille et que les forces du mal sont toujours présentes et sournoises. La mort de Fred laissera un trou dans le monde.

L’Ultime Combat (5.22)

La cruauté de l’épisode Un Trou dans le Monde is considérablement atténué par le dernier épisode de la série, qui est l’un des meilleurs. Depuis le début de la saison, Angel se bat avec le fait de savoir si il est possible de changer une organisation corrompue depuis l’intérieur, sans devenir corrompu lui-même. Métaphoriquement parlant, la mort/possession de Fred répond à la question. Et pourtant, l’épisode « L’Ultime Combat » présente fortement la notion de « continuer de se battre même quand cela parait impossible ». Alors que la fin du monde approche, Angel donne à ses amis et collègues un dernier jour de répit pour faire ce qu’ils veulent avant d’affronter des hordes de démons. Conscients qu’ils ne leur restent que quelques heures pour vivre, ils décident de les rendre mémorables. Ça restera le dernier message de la série : Il est toujours mieux de penser à des jours meilleurs, que succomber au cynisme.

Source — via AV CLUB