Anthony Head (Rupert Giles dans Buffy) est en ce moment à l’affiche de la nouvelle pièce Ticking, aux Trafalgar Studios de Londres. La pièce est écrite et mise en scène par Paul Andrew Williams. Elle est déconseillée aux moins de 16 ans, pour propos grossiers et scènes à caractère sexuel. Ticking est à ce jour programmée jusqu’au 7 Novembre 2015.

Pierre, membre du forum Slayer Revival s’y est rendu pour voir Anthony Head en live le 7 Octobre dernier.

Résumé

Simon (Tom Hughes), un jeune anglais, attend son exécution dans la cellule d’une prison d’un pays étranger après avoir été accusé du meurtre d’une prostituée de la région. C’est son dernier créneau de visites et ses parents (Anthony Head et Niamh Cusack) doivent arriver. Il est très nerveux et son avocat (David Michaels) ne connaît pas encore le verdict de sa tentative d’appel contre sa mise à mort.

Alors que Simon et ses parents attendent une issue favorable à leur demande, Simon doit décider de confronter ses parents pour faire la paix avec le passé, ou de tout laisser enfoui et faire ses adieux.

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Une nouvelle création de théâtre vivant, c’est toujours un pari. Du coup, dans une ville comme Londres où le M&M’S World attire presque autant que le palais de Buckingham, où les théâtres comptent sur les touristes qui ne parlent pas anglais pour se remplir tous les soirs, elles sont de plus en plus rares. Entre les adaptations de films à succès sur scène et les énièmes reprises de Shakespeare, c’est un peu étouffant.

De même, aller voir une nouvelle pièce (ou film, ou autre) juste parce qu’un acteur qu’on vénère est dedans, c’est un tout autre pari. Il faut compter sur les goûts personnels de l’acteur en question, sur son talent à se remettre en question et à rentrer dans la peau de personnages à l’opposé de ceux qui vous l’ont fait aimer.

Lorsque ces 2 paris sont relevés haut la main, c’est juste magique.

Ticking repose en grande partie sur les épaules de l’acteur Tom Hughes, assurément une étoile montante; pour qui le personnage de Simon offre de belles possibilités à explorer: à savoir un spectre d’émotions absolument gigantesque, de l’humour aux violents accès de colère.

Simon est notre point d’accroche, il est incarcéré et attend sa sentence. Va-t-il être gracié et échapper à l’exécution? La pièce laisse planer le mystère tout du long et garde ses spectateurs rivés à leurs fauteuils. Tom Hughes arrive à rendre aimable un personnage compliqué et peu avenant au premier abord. Simon est rongé par le doute, la peur de mourir, le remords, ses souvenirs d’enfance. Il effectue une beau parcours au cours de l’heure et demie que dure Ticking. (sans entracte)

Puis c’est au tour des parents d’entrer en scène. Très progressivement, Anthony Head et Niamh Cusack m’ont complètement convaincu dans leurs rôles. (je dois avouer, les premières minutes de leur apparition dans ma tête c’était surtout “oh mon dieu, oh mon dieu, Anthony est là”) Leur rôles ne sont pas aisés. L’actrice Niamh Cusack (excellente à tout point de vue) se retrouve chargée de la grande majorité des scènes tristes. Mais son personnage sait quand tenir tête aux hommes de la pièce. C’est un beau rôle de mère comme on en voit trop peu. Sa relation avec son fils est au coeur de Ticking. L’aspect familial est ultra-convaincant.

Et Anthony. La raison de ma venue. Il tient le rôle du père. Un père bien de son époque, froid et distant, ne sachant pas trouver les mots de réconfort. Cet aspect de sa personnalité montre combien certains hommes ont encore du mal à vivre en harmonie avec leurs émotions.

La pièce s’attachera notamment à nous en apprendre sur le passé des parents, puis du père, à travers sa femme, puis du point de vue de Simon. D’abord gêné, le père se révèle au fil des histoires racontées, toujours du point de vue des autres. Anthony jouera sur la retenue attendue de ce type de personnalité. Il reste stoïque, alors qu’il se passe mille choses dans sa tête. Rage contrôlée, mensonge, autant de nuances qu’Anthony fait passer à la perfection. Un rôle plus sombre que le maladroit Rupert Giles, assurément!

Les masques tombent dans le dernier quart-d’heure dans un final impeccable de justesse. Un moment privilégié entre un père et son fils, où les vérités doivent être entendues. Ticking se montre sordide, mais terriblement, implacablement vrai. Du chaud au froid, c’est une véritable montagne russe. Les mouchoirs ne sont pas à proscrire, j’en aurais bien eu besoin.

Anthony Head brille dans Ticking, je ne suis pas déçu d’y être allé les yeux fermés! Il est aussi très bien entouré, ses camarades Niamh Cusack et Tom Hughes sont de superbes découvertes. Un trio soudé, une vraie famille.
L’auteur/metteur en scène Paul Andrew Williams a créé une belle pièce dans ce contexte carcéral. Un huis clos sur les plaisirs simples, sur les secrets que l’on garde pour soi, sur la vie, et de façon plus importante, sur la famille.

Photos officielles

Voici une vidéo interview où l’ont peut voir Anthony Stewart Head parler de la pièce :

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